×

CAMEROUN: LES DIRIGEANTS DÉSORMAIS CONTRAINTS DE DÉCLARER LEUR PATRIMOINE

Le président Paul Biya a signé, le 14 avril 2026 à Yaoundé, le décret d’application de l’Article 66 de la Constitution, rendant obligatoire la déclaration des biens pour de nombreux responsables publics, près de 30 ans après son adoption en 1996. Cette signature marque l’entrée effective en vigueur d’une disposition longtemps restée inappliquée.

Le texte élargit le champ des personnes concernées bien au-delà du sommet de l’État. Sont désormais tenus de déclarer leurs biens les membres du gouvernement, les responsables du Parlement, les directeurs généraux d’entreprises publiques et parapubliques, les magistrats ainsi que les agents impliqués dans la gestion des recettes publiques. L’objectif est d’encadrer tous ceux qui manipulent ou gèrent des fonds publics.

L’une des innovations majeures de ce décret réside dans l’obligation de déclaration en deux temps : au début et à la fin de la fonction. Cette mesure permet de comparer l’évolution du patrimoine des responsables publics et de détecter d’éventuels cas d’enrichissement illicite pendant l’exercice de leurs fonctions.

Longtemps critiquée pour son manque d’effectivité, l’Article 66 entre ainsi dans une phase concrète, répondant aux attentes en matière de transparence. Toutefois, la réussite de cette réforme dépendra de la capacité des institutions à contrôler les déclarations, des moyens mis à leur disposition et de leur indépendance réelle.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

4 comments

comments user
Pierre Stephanelle AMOUGOU

Bien fait
J’espère que ça va un peu ralentir le détournement

comments user
EFFILA

Bravo c’est intéressant

comments user
Nouma

J’ai pris beaucoup de plaisir à lire ton article, il est très pertinent.

comments user
Flerinda Metto

Cette mesure de déclaration de patrimoine peut être perçue comme un pas important vers plus de transparence et de lutte contre la corruption. Elle permettrait de renforcer la confiance des citoyens envers les dirigeants et de limiter les enrichissements illicites. Toutefois, son efficacité dépendra de la rigueur de son application et de l’indépendance des organes de contrôle.

Laisser un commentaire