La saison des mangues
Addition salée pour la clientèle
Dans les marchés de Yaoundé, la hausse du prix des mangues réduit les quantités vendues et pousse clients comme commerçants à multiplier les méthodes de négociations.
« Asso, on donne pour combien ? Venez voir les grosses mangues ! » Assise derrière son comptoir au marché Mfoundi, dans le premier arrondissement de Yaoundé, Maman Rose interpelle les passants d’une voix soutenue. Vêtue d’un kaba coloré, les cheveux noués à l’aide d’un élastique la commerçante tente d’attirer les clients devant les tas de mangues alignés sur sa table.
Après plusieurs appels, Rose Mengue, femme de ménage, s’arrête finalement devant l’étalage. « 500 et 1 000 francs CFA, fais ton choix ma co’o », lance la vendeuse. La cliente observe les fruits, les retourne avant de réagir : « Les tas sont petits jusqu’à ! » Après quelques minutes de négociation, elle achète quatre tas de 500 francs CFA et réclame une mangue supplémentaire. « Asso, tu ne mets pas le cadeau ? », insiste-t-elle dans un éclat de rire.
Maman Rose se retourne alors vers un vieux panier posé derrière elle et en retire une petite mangue. « Cette année, il n’y a pas assez de mangues sur le marché à cause des pluies qui empêchent les cueillettes », explique-t-elle tout en emballant la commande. « Avant, il y avait même des tas de 200 francs CFA. »
Des revenus en fonction du marché
À quelques kilomètres de là, au marché Mvog-Mbi dans le quatrième arrondissement, Éric vend ses mangues à l’aide d’une brouette transformée en étal mobile. Les fruits y sont disposés en pyramide. Une présentation qui attire l’attention de Ma’a Solange, habituée des lieux.
« La mère, on donne pour combien ? », demande le vendeur en désignant les différents tas séparés par des morceaux de carton. « 500 et 1 000 francs CFA », répond-il aussitôt. La cliente examine les mangues avant de protester : « Huit mangues à 1 000 francs ? Avant, il y avait même des tas de 100 francs CFA. Je ne veux pas les mangues touchées hein ! »
Le commerçant évoque les coûts de transport depuis Obala ainsi que les pertes enregistrées pendant le trajet. « Certaines mangues ne sont plus consommables à l’arrivée. Si je ne vends pas à ce prix, je ne m’en sors pas », confie-t-il.
Malgré ces difficultés, l’activité reste rentable. Éric affirme réaliser environ 5 000 francs CFA de bénéfices par cageot, contre près de 6 000 francs CFA pour Maman Rose. Des revenus qui servent à couvrir leurs dépenses familiales et leurs besoins quotidiens.



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